mercredi 10 janvier 2018

Stage Bretagne Sud


du 16 au 20 juillet 2018, au Guilvinec  

avec Fabrice Béghin



J'organise un stage de 5 demi-journées au Guilvinec
Celui-ci est proposé, à des amateurs de tous niveaux, pour un travail sur le paysage. 
Les stagiaires sont formés à différentes techniques de dessin et de peinture.
La formation prend en compte les capacités et la nature de chacun.









Le Guilvinec, est un des premiers ports de pêche traditionnelle en France.
C'est un site peu touristique et  cependant gratifié de très beaux paysages encore peu visités. L'occasion est donnée aux stagiaires de dessiner ou peindre en alternance des lieux sauvages ou des zones portuaires, les uns et les autres se prêtant également à d'intéressantes interprétations picturales.
Mon premier soucis est d'ouvrir au mieux la pratique artistique de l'amateur et de faire en sorte qu'il soit formé dans le respect de sa singularité. Les techniques employées sont (au choix de chacun) des techniques graphiques ou fluides (crayons, fusain, pastels, … gouaches, aquarelles, huile…). Le projet est de donner au stagiaire les moyens de s'exprimer avec les outils de son choix. 






PROGRAMME : 
Le projet pédagogique, adapté au niveau de chaque stagiaire privilégie trois axes d'apprentissage : 
- la capacité à organiser le dessin, la mise en page et la perspective du paysage
- la prise de conscience des valeurs (niveaux de contraste) de ce qui est représenté
- la façon de mélanger les couleurs pour se rapprocher au mieux du paysage interprété

Travaillent ensemble les amateurs débutants et ceux qui sont déjà expérimentés. La diversité des niveaux et des interprétations devient ainsi l'objet d'échanges et d'enrichissement entre les différents acteurs de ce stage.

Pour un stagiaire débutant et encore indécis sur les moyens qu'il souhaite utiliser, il sera guidé vers l'aquarelle ou la gouache ainsi que le dessin sur papier. Dans un second temps, et s'il le souhaite, il peut être guidé par le professeur vers l'initiation à d'autres techniques.

La durée des séances limitée à une demi-journée permet, grâce à un temps plus court, une plus grande concentration au stagiaire et lui donne la liberté de consacrer le reste de sa journée à sa famille ou à ses loisirs.


JOURNÉE TYPE :

- Le rendez-vous est fixé sur un des sites choisis dans un rayon de 5 kilomètres autour du Guilvinec (si le site est  difficile à trouver, nous nous y acheminons ensemble en voiture depuis le centre-ville). 
- Installation des stagiaires dans un périmètre large mais accessible pour le professeur. Matériel léger souhaité quelle que soit la technique employée (ne pas hésiter, au delà de la liste du matériel proposée plus bas, à me demander conseil - Fabrice Béghin 06 04 41 01 94 - pour un équipement léger et ergonomique).







HORAIRE : 

Les séances ont lieu le matin à partir de 9h00 (durée d'environ 3 heures et demi):

- si la météo nous y force, le rendez-vous peut être déplacé à un autre moment de la journée pour une même durée de séance.

TARIF : 180 par personne les 5 demi-journées + 10 € à l'Association "L'Atelier du peintre Graveur". Ce prix ne comprend pas le matériel, le transport, l'hébergement, les déplacements sur place et la pension.

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS : 
apg.beghin@free.fr
Arrhes de 30% à l'inscription. Pour plus de détails, voir plus bas le formulaire à télécharger. Un minimum de 4 personnes est requis pour que le stage soit maintenu. Maximum 8 personnes. Solde à régler le premier jour du stage.

NB : Ne réserver votre logement et votre transport qu'une fois le stage confirmé.







TRANSPORTS :

En train : Paris-Quimper direct puis bus ligne 56A Plomeur. 
En voiture :  590 km. Nous pourrons vous donner la liste des participants pour covoiturage. 


HEBERGEMENT :
Il existe de nombreux hébergements au Guilvinec (gîtes, chambres d'hôtes, hôtels). Nous pourrons vous communiquer également la liste des participants pour une location partagée en gîte. 

Quelques pistes :



Pour télécharger le formulaire, clic droit sur l'image et l'enregistrer sur le bureau. A remplir et à renvoyer à l'adresse indiquée dans le formulaire, accompagné de vos chèques.

MATERIEL : 
Les incontournables si vous débutez : 
-1 crayon HB + 1 2B 
-1 boite d’aquarelle standard de 12 demi-godets (Le coffret de poche Cotman a une bonne palette pour un petit budget) ou mieux, de 24 godets ... ou ... un jeu d'une quinzaine de tubes de gouaches extra-fine (Sennelier ou Linel) voir liste des couleurs plus bas (évitez les boites déjà composées).
- 3 pinceaux à lavis en petit gris ronds pour l’aquarelle (fin, moyen, gros) env. 0-3-11 
- 1 carnet de dessin format à l’italienne A4 (21 x 29,7 cm), papier env. 200 g - 300g (doit pouvoir supporter l’eau sans trop gondoler), à spirales ou sans (Fabriano ou autre qui permet des panoramiques en utilisant les 2 pages). 
- 1 deuxième carnet de dessin, format carte postale, pour dessins. 
- gomme, chiffon, petit pot hermétique pour transporter l'eau, 4 pinces à dessin
- 1 pliant 


Et si vous souhaitez être guidés vers d'autres techniques que le dessin ou l'aquarelle… 
Liste des couleurs pour une palette suffisamment large de peintures à l'huile ou de gouaches (valable aussi pour se constituer une boite d'aquarelle à partir d'un coffret vide de 24 demi-godets) : 
Brun Van Dick (ou Terre d'ombre), Terre de Sienne brûlée, Terre de Sienne naturelle, Ocre jaune (ou ocre citron), Jaune de Naples, Jaune cadmium citron (ou jaune citron), Rouge vermillon, Rouge carmin (ou Alizarine cramoisie), Rose, Violet (plutôt bleuté que rose), Bleu de Prusse, Bleu outremer foncé, Bleu de Sévres, Vert Véronèse, Vert phtalo, Vert de vessie, Blanc de Titane. Des couleurs proches de celles citées font l'affaire. 
Peintures à l'huile (si vous êtes dans la démarche de vous équiper, évitez si possible les boites déjà constituées). 
- un assortiment de petits tubes : 15ml peuvent suffire pour chaque tube (voir liste des couleurs ci-dessus) : Rembrandt, Senneliers, Marin … font des couleurs extra-fines à un prix abordable. 
- prévoir une boite (les tubes dans un sac se percent). 
- contreplaqué fin, carton, papier sont de bons supports pour peindre dehors s'ils sont préparés (formats 
divers ; nous pouvons les couper et les préparer sur place). 
- Gesso, le liant magique pour préparer tous les supports (boite de 500 g ou un 1 kg). 
- pétrole pour nettoyer les pinceaux + récipient 
- médium pour la peinture à l'huile + récipient  
chiffons et divers pinceaux et brosses (poils de martre, soies de porc, fibres synthétiques). Raphaël fait de bonnes choses en synthétique, réf. Karell S série 869 ronde, 879 plate; ou martre, réf. Kevrin ronde série 867, langue de chat 8772 ; ou soie de porc ronde série 356. 
Gouache 
- un assortiment de petits tubes de gouaches extra-fines constitué au détail (voir liste des couleurs ci-dessus) Linnel extra-fine et Sennelier font de très bonnes gouaches 
- quelques pinceaux ronds et souples ordinaires 
- un carnet format A4 ou des feuilles dans un carton à dessin 
- chiffons et récipient pour l'eau 
Pastels secs 
- une boite de 48 ou 72 pastels secs (un petit budget peut suffire). Faber-Castels fait des boites de 72 demi-pastels dans un budget de moins de 30 euros). 
- un pulvérisateur de fixatif et un chiffon 
Crayons de couleur 
- pour approfondir la technique, prévoir une boite d'une soixantaine de couleurs 
- pour un usage occasionnel pendant le stage, une boite achetée au supermarché suffira 
Pour information, plusieurs techniques graphiques et fluides à l'eau peuvent être croisées sur un même support


Le blog...









vendredi 15 décembre 2017




5 / 8 / 17
C'est un climat qui produit des paysages économes qui s'accommodent assez mal du tourisme rapide ou de la vie moderne.
Les visiteurs pressés passent par dessus la pauvreté réelle du site pour ne regarder que l'apparence typique, les vieilles pierres...
Au petit matin les vieux, croisés dans les ruelles, portent surement en eux les sentiments de leurs grands-pères sur la valeur de l'eau et du peu de terre qu'ils ont à cultiver.

29 / 7 /17
C'est ici, sur ce parking, qu'il a sauté hors de sa monture au moment même où j'allais mettre les lunettes sur mon nez.
C'est ma vision, devenue complètement floue, du quai et des navires, qui m'a révélé que probablement quelque chose clochait.
Tous un attirail de bouts de scotch sur la fine tige de titane était sensé assurer le montage de l'ensemble et cela a tenu jusqu'à ce que des montures vieilles d'une décennie me rendent une vue à peu près floue mais définitivement stable...



Portrait XVI   2017   Peinture à l'huile sur toile


8 / 6 / 17
L'éternuement était fort violent.
La femme a sursauté vivement, touchée par ce cri rauque venu de nulle part.

23 / 5 / 17
Il sait bien, lui - parce qu'il a cette connaissance du temps qu'il fait, de la lumière heureuse ou triste - il sait bien les jours qui seront propices à sa quête. Des fois, les usagers dans la rame verront la vie par le bon bout et auront le courage , la bonne volonté de lui donner une pièce devant le regard des autres.


25 mars 2017
Christine Jansen était résidente - pianiste à la cité internationale des arts. Elle habitait le bâtiment principal, dans un grand studio, avec au centre un grand piano à queue tout noir.
De mon petit atelier situé dans un vieil immeuble, juste enfance, je pouvais voir Christine jouer et même l'entendre.
Nous avons vite fait connaissance et j'ai commencé à fréquenter les musiciens qui vivaient de l'autre côté de la rue. On prenait le métro à Pont Marie et nous filions direct vers la porte d'Italie pour manger chinois. Il y avait un arménien un peu "chaud lapin", un juif américain assez drôle.
Après, j'ai fréquenté un groupe de riches malaysiens. Fa était pianiste. Lui et le groupe qui l'entourait faisaient des virées vers une épicerie fine qu'ils appelaient le "Champagne's shop" et festoyaient ensuite à domicile.
Ils m'ont fait connaître Haruko Ueda qui est devenue plus tard mon amie. Tous le monde disait qu'elle était une "merveilleuse pianiste" et c'était vrai.

dimanche 20 mars 2016

11/7/16
Deux trois jours passés à Montpellier et dans le Vaucluse, le grand saut dans le temps devenu plus flagrant tant ces visites dans le sud sont plus courtes et plus rares.
La démonstration du temps qui change est cette fois frappante quand je la vis en contrepoint de la lecture du "temps retrouvé".
Montpellier-centre, sorte d'immense zone piétonne insipide, sauf à lever les yeux et observer la beauté de cette architecture du sud quand les étages supérieurs ne sont pas touchés par les éléments de décor contemporain faisant cohabiter partout le chrome et la pierre.
Toute l'activité des villes se trouve rejetée à la périphérie, les centres restant une coquille vide et triste. Un trop grand silence, lieu d'accueil au petit patin d'une mendicité timide dans un cadre sale et pollué par les festivités nocturnes.

28/5/16
Quelques céramistes, le corps totalement pris par l'appel nu de la terre.
Tandis que le dessinateur méthodique explique longuement le moyen de réaliser son dessin, juste au millimètre près, selon une technique faisant appel à "la distance précise de 10 millimètres existant au creux des lignes de sa main".

13/5/16
Petite sortie matinale.
La singularité des usagers des transports me submerge.

10/5/16
Il est tout petit dans son ciré jaune. Il lève de grands yeux inquiets et légèrement inquiets sur la plantureuse dame noire qui porte de longues tresses. Un fin tissus coloré moule de haut en bas son corps doublement enveloppé.
Sa mère est bien moins autoritaire que sa gardienne. Il ne sait pas trop encore s'il peut déjà commander celle que ses parents paient.

8/5/16
La petite boite tourne entre ses doigts, petit volume allongé et rectangulaire, prolongé de deux bouts de ficelles effilochées.
Un peu plus loin, dans le panneau d'affichage, tournent les tubes vapoteurs à couleurs acidulées.
Avec la chaleur en cette fin de week-end prolongé, l'insouciance s'affiche et même un certain goût du jeu et des accessoires.
Et l'autre sur la grande affiche, avec ses tatouages et sa mélancolie.

28/4/16
L'immense hangar du chantier Hennaff tout en tôle, accolé à la petite maison de ciment, a sa porte coulissante entrouverte, laissant voir la succession de poutres échafaudées en plusieurs étages de mezzanines. 
Le hangar est vide mais nous l'avons souvent vu habité de la grande armature en bois d'un bateau en construction.

La vérité est que les chiens sont emmenés chaque matin aux abords de la plage et que leurs crottes, à 9 heures, y sont encore fraîches. Les maîtres cependant sont aimables, s'arrêtant presque pour vous saluer, pour vous être agréables.

Sur la gauche après, bien après Léchiagat, le rocher faisant face au club de voile émerge à peine d'une mer bleue transparente.
Quelques zones blanchissant légèrement jusqu'à des nuances de jaune de Naples et le reste faisant alterner dans les aléas du clapot le bleu azur du ciel d'horizon avec le blanc des nuages commençant à nous recouvrir.
Derrière moi, totalement recouvert du voile gris faisant écran, le paysage des terres est devenu sans ombre mais encore très contrasté d'humidité. Le vert, le brun rouge et le jaune de Naples dessinent de larges bandes finissant biseautées.
Et au sol, de petites fleurs roses cohabitent avec l'herbe et le sable.
Après, le vent s'est mis à souffler, un peu de pluie est tombée.
Plus tard, depuis le pont de Léchiagat, le ciel et l'eau du pont s'ouvraient sur un horizon bleu, doublé de la même manière que le nuage blanc cru qui s'y trouvait accroché.




Autoportrait rouge III   2015-16   Peinture à l'huile sur toile


14/4/16
Comme dans un ballet, les pinceaux suspendus en coeur au dessus des tables ou chatouillant doucement les tableaux après s'être goulûment gorgés, à la verticale des palettes.




12/4./16
Cela tient au quartier, aussi bien la forme des corps, les détails sur l'usage qu'on en fait que les accessoires divers manipulés pendant la traversée.
Et les roues sifflent alors que parfois une voix s'élève signalant une personne qui ose en interpeler une autre.



Portrait IV   2014-16  Peinture à l'huile sur toile


7 4 16
Olivier le disait, devant la maladresse affectée de mon trait, que je tenais mon crayon comme si je l'avais saisi pour la première fois. Et il avait raison, mon projet étant alors d'imaginer une continuité renaissante, après le vide des répétitions minimalistes.




23 2 16
Nous irons encore sur les routes avant que le goût ne lui passe.
Pour l'instant, le vent souffle fort et les rafales de pluie s'abattent sur la maison et font mieux comprendre les moisissures et l'humidité installées depuis des mois entre les murs.
Le silence prend la place de la radio et donne à nouveau une ouverture pour tous les possibles.
Quelques mois de pluie ont moisi tous les tableaux rendant mieux sensible l'inutilité de tout ça.




Portrait V   2015-16   Peinture à l'huile sur toile



22/2/16
Au dessus du muret, les noms émergent sur fond de marbre.
Le marbre noir, le plus fréquent, et parfois le marbre brun tacheté comme le poil de quelque bête sauvage.




En même temps que la violence des véhicules qui passent, derrière, sur l'autoroute - chacun produit sa musique en fonction de son volume, de ses roues, de sa vitesse - la plate banalité d'un panneau géant contenant " TOTAL " bouchant une bonne partie de la vue, les voitures s'engouffrant dans son fond et en émergeant aussitôt.
Les modules ronds et noirs derrière le volant, la musique douce perçant les sons de l'autoroute dans l'univers protégé de l'habitacle.

2016  Guilvinec  Aquarelles

12/2/16
C'est un hall assez grand couvert de marbre sur le sol ainsi que sur les colonnes et même, par endroits, sur le plafond.
On s'y rend depuis le boulevard Haussmann pour rejoindre le boulevard des Italiens, à quelque cent mètres de l'autre côté.
Les guichets sont au milieu et c'est dans le hall de sortie que nous nous sommes probablement abrités avec la poussette et tout le barda dans l'attente que cesse la pluie (ou bien c'était l'été et nous nous mettions à l'abri de la chaleur ?).
Deux panneaux géants en forme de portes sont là,intégralement couverts de clous, un peu à la façon de deux grands sacs à main.


Portrait XI   Gravure couleur (7 passages ; manière noire et pointe sèche)


19/1/15
Les petites découpes ont été sélectionnées, taillées et pliées avec soin. Les articles portent sur la radicalisation de certains musulmans et les moyens d'y faire face. Sur la mallette en cuir souple portant une médaille "le Tanneur", les deux mains suivent le fil du texte, dépliant s'il le faut le bout de papier ou le retournant et soulignant au stylo bille les passages les plus significatifs.
D'autres fragments de journaux attendent leur tour pour être épluchés.


 Portrait IV Gravure (Manière noire, eau forte et aquatinte)

12/1/15
La route de Saint-le-Thomas en ce Printemps 1991 m'évoque un peu une route en noir et blanc dans l'immédiate après-guerre.
Avec son asphalte rugueux et ses platanes, elle se mange agréablement sous le phare de ma vieille série 4.
Un coup de fil dans la matinée, alors que j'exécutais le portrait d'un jeune cadre DRH de la société, en a décidé ainsi. Je serais reçu à Saint Jean pour quelques jours avec l'espoir d'apaiser les malheurs de la vie parisienne.
Un bistro placé dans un virage à angle droit et dont la terrasse fait face à la grande ligne droite menant au Mont-Saint-Michel fera étape et coupera en deux ce trajet mené d'un train d'enfer.


2016  Guilvinec   Aquarelle

mercredi 7 janvier 2015

Saint-Sulpice-sur-Lèze, le 29/12/15
Ils racontent l'émigration italienne. Les maisons d'accueil distribuaient la main d'oeuvre, répartissaient les nouveaux immigrés en fonction de leurs besoins, de leurs professions.
Ils se souviennent des grands besoins de travailleurs et de la fête du cochon.
Les noms des villages qui sonnent mélangent le son rocailleux et italien avec d'autres consonances plus gouleyantes du sud-ouest.
La coupe au bol des jours de tonte collective pour les enfants nombreux. "Pour les voisins, c'était pareil! Ils étaient tous coupés..."



"Comme une maison de retraite ... quand on veut prendre le vieux pont, on passe devant le Leader Price... C'est une grande maison, ils sont tous là-dedans, c'est pas donné!".
Il s'agit de la maison de retraite de la Tantine du Château. La nouvelle maison, médicalisée, une de ces nouvelles structures alimentant les fonds de pension. "Avant, ça ne rapportait pas assez! Et puis, pendant la messe des vieux, l'organiste cognait comme une brute sur les touches du clavier pour réveiller les vieux qui s'assoupissaient pendant l'office."

Etrechy, le 20/12/15
Les végétaux poussent sereinement dedans. Les fruits meurent et pourrissent au sol.
Alors qu'au sommet des murs fermant l'enclos, des constructions nouvelles poussent et proposent leurs nouveaux matériaux.





Le Guilvinec, le 17/11/15
Peu de temps avant la fermeture, il est venu et s'est installé devant le bar.
Beaucoup étaient partis et il a commandé une bière qu'il buvait lentement, tourné vers la salle.
Il avait entamé la conversation avec la fille du patron et quand je suis venu payer, j'ai alors eu la confirmation qu'il était bien le propriétaire du 11 mètres accosté un peu plus bas dans le port.
Il avait navigué seul depuis trois mois vers l'Irlande et revenait pour mettre son bateau en calle sèche près de Bordeaux.
Une heure plus tard, lorsque nous sommes passés près du bar alors qu'il faisait nuit, il était encore là, avec une autre bière, à discuter avec la patronne.

24/8/15
"C'est comme ça que ça arrive!", conclue le vieux après avoir longuement débattu avec les autres au comptoir au sujet du gendarme qui est mort, qu'on ne sait pas si c'est quelqu'un du bourg ou un sujet entrevu à la télévision.


Guilvinec   Gravure sur cuivre

18/7/15
Les grands jardins près du chemin partant du camping de Plouhinec.
Bien cernés de murs aux pierres angulaires, pas très hauts, avec des lignes de granit bien dessinées. La ligne au sol souvent rompue de massifs de fleurs osant toutes les couleurs.
Sur le gazon, une bonne dizaine de ballons dispersés et des enfants qui font coucou lorsque l'on passe.
La mer bien plate en contrebas et au loin, alors que dans les champs, à proximité, domine un calme en harmonie avec l'horizon.

16/7/15
Paysages arides sur les terres entre La Torche et Audierne. A proximité du camping, se trouve l'usine à galets, tout près de la mer, toute en béton, et qui a été en activité pendant la deuxième guerre mondiale. Un gros bunker, tout près, est mangé par les vagues lorsque la mer monte.

6/7/15
Dans les carnets de la fin 99, quelques dessins de pointes de javelots faits au Louvre font penser à l'Iliade peinte à la même époque. Ils sont intercalés de banals dessins de gens dans le métro.
Le carnet suivant me montre deux dessins du canal, près de la Villette et, en dos de page, des notes de couleurs pour le tableau "Antoine et Hilarion I".


Portrait III  2015  Huile sur toile  130x89cms


10/6/15
A cette époque, Ernest conduisait la camionnette du magasin, un Citroën en tôle ondulé sans la moindre courbe.
Monsour vivait dans un terrain vague avec quelques chiens rapés. Il n'avait pas de compte en banque et se vantait volontiers de sa fortune faite de petits salaires accumulés dans un coin de sa cabane (un jour, il avait fallu le soigner alors qu'il avait été trouvé à moitié mort des coups qui lui avaient été portés pour essayer de lui prendre son magot).
Bueno était un vigile avec une tête de boxeur. On disait qu'il obtenait des faveurs auprès de certaines caissières qu'il prenait en flagrant délit de vol.

29/7/15
Dans mes premières années à Paris, cette visite avait lieu dans un bureau du logement pour l'attribution d'un atelier d'artiste.
Je revois l'inaccessible personne qui accueillait le requérant plasticien m'écouter, alors que je lui expliquais naïvement ma quête artistique, mes projets de parvenir mieux à traiter du détail en peinture, et cela dans les années 80, en pleine "Ruée vers l'art".
Je revois le sourire intérieur de la jeune femme à l'énoncé de mes préoccupations concernant "le détail".

Etude pour portrait V  2015  Crayons de couleurs

27/5/15
Plusieurs fois, il passe, le nez dans son cours car le BAC approche.
Quand il était petit, il arrivait que son frère le corrige et il semblait alors complètement paniqué. Maintenant, sa barbe est très épaisse et il est resté un peu massif, marchant lentement, enfermé dans son air triste.
Le grand, lui, passe, débordé de décontraction, faisant de temps en temps quelques exercices d'assouplissement du cou, en penchant sa tête ou en la faisant tourner, comme le ferait un grand sportif se préparant pour le grand combat.

22/5/15
Bourru, il poussait les caddies dans le parking du Super M. Il disait être écrivain et ne parlait que de Céline. Au point que nous l'appelions Céline.
Comme l'autre, chez Hachette, un peu mythomane, en charge de l'audiovisuel que tout le monde nommait Godard.

7/1/15
J'avais touché le fond de l'immobilité. Je ne pouvais plus être davantage immobile, sauf à être mort.
Mort pour de bon.



Xausa 2015   Peinture sur toile   160X130cms

5/1/15
Passage du Président de la République dans le poste de radio. Ce qui s'entend et la trace de tout ce qui peut se dire ou se passer entre les différents acteurs qui décident laisse penser que la réalité est sacrément multiple et visible sous différents angles contradictoires !

4/1/15
Retrouver les notes du quotidien, un fil conducteur qui me donne des informations que ma mémoire complètera et en faire usage, si cela est possible, pour les traces ...

Le petit escalier est comme un volume carré qui monte sous les charpentes.
Les enfants en descendent après les jeux, tantôt bruyants, tantôt dans un silence laissant un doute sur la nature de leurs occupations. La maison en face est identique à celle que nous occupons et les visiteurs...
alors le livre sur les planètes s'ouvre sur les schémas et explications concernant le big bang. Les visions rapprochées du soleil montrent de belles photos rouges et jaunes de neutrinos.

Une première fois observées, des roses blanches séchées dans un vase blanc et vide. Des feuilles assez grasses devenues brunes et sèches découpent le haut du bouquet de leur apparence de bâtons disposés en étoile.
Plusieurs bouquets, deux seulement en réalité, posent, minuscules, en deux points de la pièce, n'espérant plus colorer l'espace que pas la mémoire de leur éclat passé.

Etude pour portrait XIV Crayons de couleurs

3/1/15
La réalité composée d'attentes lors des départs, avec de brefs aller-retour chargés ; avec ces regards qui s'échappent à l'occasion d'une sortie d'ascenseur sur l'ombre que fait une feuille avec l'ampoule du vestibule dans la nuit.

Dans le MacDonald, de nombreux corps aux membres épaissis, parfois avec un ventre avancé au point de se glisser difficilement entre la chaise et la table.
Les gens, comme nous, cherchaient une table, envoyaient les enfants réserver des chaises.

samedi 25 janvier 2014

12.5.14
Le rendez-vous était fixé vers 7h, le matin afin de prendre ensemble le chemin qui nous mènerait vite à l'intérieur des bois, en contrebas. Comme chaque fois, des commentaires étaient faits en Italien ou en Vénéto dont les significations seraient, selon les cas, plus ou moins compréhensibles.
Les coins les plus cachés des points de vue habituellement choisis pour les séances sur le motif revêtaient un mystère tout particulier et c'était eux qui portaient le mieux, sans raison particulière, les histoires vraies ou imaginées pour les générations qui s'étaient succédées sur ces collines.
Pour finir, la promenade fut un peu trop courte et les trésors de révélations pas si abondants que ce que les paroles mal comprises de mon interlocuteur aurait pu me faire espérer.

Portrait II  2014  Huile sur toile  100x81cms


15/4/14
Une bonne demi-génération de "voila" qui concluaient tout propos pour le rendre définitif ont débouché, contre toute attente, à cette ouverture qui permet enfin une deuxième partie à la phrase, une sorte de reprise, comme on dit en musique : c'est l'apparition du "du coup".
La pensée du "voila" ramenait toujours la parole à un constat sans appel. Le "du coup" propose une déduction à chaque fait et son usage intensif semble réparer de manière compulsive toutes les frustrations amassées par une bonne décennie de "voila".

24/3/14
Lorsque nous avions huit ou dix ans, c'était le petit chemin que nous prenions après avoir quitté la tour Saint Martin où nous sommes restés presque une année.
Nous le faisions le mercredi après-midi, avec la promesse du petit canard nommé Saturnin qui apparaitrait un peu plus tard sur nos écrans de télé.

25/1/14
Quelques billes colorées l'ont quitté, mais il reste encore, lisible, un titre qui pourrait être "HOLLY LAND" et les dessins, en dessous, sont presque identiques à ce qu'a pu être l'original, deux dromadaires montés dont l'un, couché, ne laisse plus guère entrevoir le personnage qui s'y est assis.

Tandis qu'ils passent, passent et repassent les plus beaux et un peu moins beaux instants de toutes leurs vies plus ou moins réussies, l'attention se contient sur le bel outil de connaissance que finit par être le dessin colorié et pasciemment noté sur l'écran, le témoignage de la lumière qui a été à un moment donnée, captée.

Bien sur, nous n'aimons pas les voir fouiller dans nos poubelles, mais pour bien voir les choses, ce qu'ils font la nuit, porte après porte, est bien plus dur pour eux et plus fatiguant que le travail que nous faisons, nous, le jour.

La veste est jaune canari légèrement orangé qui enferme une tenue intégralement noire. Les cheveux de la vieille dame sont un peu clairsemés, teints en brun rouge.
Tout à fait dessinable mais vite masquée par la femme voilée vêtue aussi de noir. Le fin fil blanc du téléphone coupe sa silhouette en deux moitiés, dans sa verticalité.

mercredi 12 juin 2013


2/12/13
Elle a dit : "Ce n'est pas moi qui pourrai aller te chercher dans le trou si tu te coinces".
Une sorte de canalisation qui partait sous la roche qui incitait ainsi le passant à se garer et à chercher à savoir où menait la cavité.

27/7/13
Bien se rappeler des plots, chariots ou blocs de bois du chantier, dans le port de Léchiagat.
Ils ont des dimensions variables mais sont tous des volumes simples dispersés sur une sorte de parking entouré de barrières.
Les couches de peintures qui les couvrent le font de manières inachevées et par là bien peintes car la matière n'est pas inutilement étirée sur la surface, le but restant de délester le rouleau ou de vider la cartouche du pistolet.




24/7/13
Les vagues sont fortes et brunes sous un ciel couvert.
Un peu au large, la petite embarcation de Petzi lutte doucement contre la mer. La coque est bleu de Prusse avec une cabine blanche suivie d'un petit auvent, celui qui surmontait le pont rouge et parfaitement plat de l'ours voyageur de mon enfance.


Portrait I   Gravure couleur (7 passages ; manière noire)


Le vieux est arrivé avec sa grande canne. Il a installé ses leurres et a lancé au large.
La vieille s'est fait entendre au bout d'un moment malgré le bruit des vagues. Elle semble râler toute seule dans un coin, sous la dune, mais en y regardant un peu mieux, on voit le petit chien noir.
Elle sort un réflex et tente d'appeler le pêcheur en dirigeant sur lui l'objectif.

23/7/13
Plutôt minuscules, ils sautent dans la bordure blanche des vagues, le plus petit encore en couche culotte.
La mère, bourrelée, vient d'enfiler son maillot sous son tee-shirt et descend, rebondissant dans les irrégularités du sable.
Des cris d'une joie un peu brutale s'échangent, la mère fait gicler de l'eau sur le petit qui rit.
Elle remonte, crachant sur le sable.




14/7/13
Les vagues, si l'on peut dire encore, se lissent et les sons déjà plus doux se raréfient.
Toute une ambiance d'attente alors que le soleil bas chauffe encore et que rien ne contraint à quitter la plage qui depuis longtemps a donné tous les signes de la fermeture.
Rien ne restant à faire dans l'observation des derniers signes des retardataires, finir par admettre ses propres signaux de mélancolie.

8/7/13
Le papi à la barbiche branle son arme sans discontinuer dans la direction d'un jeune garçon métis.
C'est bien loin mais on jurerait qu'il n'y a plus d'eau dans le jouet et que la manoeuvre est depuis longtemps inutile et de toutes façons, le jeune homme en fait autant avec un pistolet plus court et blanc alors que celui du vieux était vert et orangé.

Les couleurs vives, les matériaux nouveaux cohabitent sur la plage avec l'homme et sa peau découverte qui font un retour avec sa nature primitive avec des gestes et des positions au sol le faisant glisser tout contre, tout au long des siècles et des millénaires.

5/7/13
L'homme dans la rue est assis sur le siège roulant alors que dans l'embrasure de la fenêtre émerge le buste de l'autre.
Tous deux sont vieux et discutent longuement, ainsi installés.
Sur le port, en attestent les relents, les poissons depuis longtemps morts...
Les mouettes crient toutes ensemble ; le jour finit et ce n'est pas la nuit, mais pour elles, c'est bien l'heure.




22/6/13
La lumière s'éteint. Simultanément, quelques points lumineux prennent le relais avec une autorité plus présente que la précédente ambiance lumineuse venant de l'ampoule.
Quelques angles de casseroles pendues au mur en sont la source et nous savons instantanément faire peser nos soupçons sur la lune partout invisible sous cet angle. C'est à coup sûr la lumière blanche et puissante de la lune quand elle est pleine et que le ciel est pur.


Autoportrait rouge 2    Huile sur toile   145cms X 116cms   2012/2013

13/6/13
Elle est venue l'extraire de sa boutique.
Alors qu'elle semblait être une des visiteuses qui viennent choisir une pièce de tissus, elle n'est restée que deux ou trois minutes, ce qui pourrait laisser penser qu'il l'expédiait.
Et bien au contraire, ils sont sortis ensemble, semblant très bien se connaître. Tout peut même laisser croire qu'ils sont mari et femme.
Tandis qu'inlassablement les pigeons piquent dans les rainures vertes ou marchent, deux par deux, de leur allure cahotante.

4/5/13
Arrivés à Dieppe probablement en fin de matinée avec le premier projet de voir la mer et les bateaux, ils commencent à s'attabler dans le premier petit restaurant sur le port.
La suite de la journée les fait déambuler de la plage vers les falaises et marcher de rocher en rocher jusqu'à Varencheville. Arrivés là, peut commencer la préoccupation de trouver une chambre pour la nuit et une tentative de retour vers la ville en auto-stop.
Dans l'auto qui les a pris, il est question de les emmener à l'opposé de Dieppe, de les garder à manger et aussi à dormir. Le couple est gentil, trop ouvert au jugé d'un des deux voyageurs.
Pour finir, les chambres d'hôtel seront minuscules et cependant précieuses dans le contexte de ce séjour improvisé.




8/4/13
Autour des petits bonshommes en plastique, l'histoire se met en marche. Ponctuée de déplacements et du choc de quelques boites, elle s'échafaude, se nourrit des évènements survenus entre les doigts du joueur.
Quelque silences signalent des hésitations, des pages blanches au coeur du scénario. Cela repart si ça veut, une fois, deux fois, pour cesser en un instant, au moment où l'enfant sort sans comprendre où en est resté le reste de la maison, faisant valoir ses attentes comme un reproche au monde qu'il ait pu continuer à durer pendant son absence.

4/4/13
Ce n'est pas obligé. Tout faire passer dans le canal public limite à ne faire passer l'écriture que par là où tout peut être dit et entendu.
Il y a bien eu dans mon silence ouvert sur la cour le passage de silhouettes porteuses d'un sourire ou de lèvres d'une certaine façon entrouvertes, figures portées par une démarche parfois saccadée ou autrement plus ronde.

Xausa 2013    Peinture à l'huile sur toile   130cms x 89cms


2/4/13
Peut-être à la genèse de la vocation sommes nous partis vers le Larzac à trois.
Le cahier de dessin était celui d'un débutant, acheté tout prêt, et commencé par de mauvais dessins porteurs des premiers conseils, paysages croqués assez bas, au bord de l'Hérault.
Des pierres positionnées en rond par des hommes des premiers temps nous ont fait circuler en zigzag, autour de leurs emplacements. Elles semblaient l'aboutissement d'une journée de promenade avant la re-descente.

28/3/13
Qu'est-ce que je fais  de celui ou de celle qui n'a pas de relief. Le passant de tous les jours sur qui le regard glisse.


C'était la dernière étape du grand voyage. Et la rencontre des premiers véritables pellerins. Le père et son fils âgé alors de quatorze ans avaient fait voeu d'aller à pied à Saint Jacques si la mère guérissait.
Comme elle avait guéri, ils étaient partis à pied et avaient fait tout le trajet en deux ou trois semaines pour ne pas s'absenter trop longtemps des travaux des champs.

14/3/13
Surement qu'elle piquait un peu dans la caisse elle aussi. Mais son apparence angélique nous incitait plus facilement à ne pas le voir comme pour les autres.
Elle avait pris sans discuter le petit fragment de sarment de vigne offert avec un peu trop de cérémonie.
Mais le temps de descendre vers la rue en ascenseur avait été pour elle celui de la réflexion et la réaction avait été instantanée.
Vu d'en bas, c'était un petit appel venu du balcon et la projection de l'objet jusqu'au sol.

3/2/13
Le nez un peu allongé émergeant de l'encolure, il a définitivement adopté la morphologie d'une taupe pour engager ses yeux mal voyants à l'intérieur de son journal.
Et non pas seulement les yeux, mais la tête toute entière fouille par soubresauts dans la double page.
Par moments, comme par impatience, les lèvres tremblent ou se retroussent légèrement comme sous l'effet de l'attraction qu'exercent les nouvelles.

7/1/13
Lorsqu'ils font plusieurs fois "hou hou" dans le transistor avec la musique derrière, devons nous vraiment les croire ?